Contexte

Mon avocat m'a demandé de ne pas inclure de noms ici. Aucun nom ne sera utilisé. Tout au mieux, j'utiliserai les prénoms.

Quelque chose s'est passé en 2003, et je vais essayer de l'expliquer ici.
Je sais que tout ne fait pas sens, mais je ne suis pas folle. Je n'ai jamais pu en parler ailleurs, alors voici les faits que j'ai vécus.

Avant-propos

En 2003, je faisais mênes études en vente immobilière dans les alentours de La Châtre. Matthieu, un professeur que j'avais à l'époque, m'a parlé d'un potentiel client.
Étant dans ma première année en alternance, je ne cherchais qu'un peu de reconnaissance à travers l'un de mes pairs.
L'individu en question était Patrick. Que vous connaissez sous un autre nom, notamment suite à son suicide médiatisé.

Samedi 8 Février

Après de nombreuses discussions, j'accepte de rencontrer Patrick. Ce dernier m'a été introduit comme un riche client possédant une boutique de glaces.

We avons longtemps échangé, puis nous avons décidé de visiter quelques lieux dans la semaine. Patrick m'a demandé où est-ce qu'on pourrait traîner dans le coin ce week-end en attendant les visites.
Je lui ai alors proposé un lieu où nous nous sommes baladés :

Je ne sais pas pour quelle raison, mais à l'époque j'avais filmé une partie du trajet :

Lundi 10 Février - Jeudi 13 Février

Nous avons visité de nombreux lieux entre Châteauroux et La Châtre. Ce fut une semaine mouvementée. Mais productive. Ça a été pour moi une réelle expérience professionnelle enrichissante.
Patrick était réellement bienveillant, malgré mon jeune âge et mon manque d'expérience visible dans la vente immobilière. Matthieu était là pour m'assister quand j'en avais besoin. Je pensais que tout allait pour le mieux...

Vendredi 14 Février

C'est là que les choses ont commencé à être bizarres...
Patrick devait retourner à Miami (où il habitait) dans la journée. Matthieu l'a donc emmené à l'aéroport en région parisienne. J'avais un sentiment d'accomplissement, car Patrick m'avait assuré qu'il me recontacterait pour acheter l'un des biens que je lui avais montrés. Je me préparais à aller voir des amis de l'époque, quand j'ai reçu un message de Matthieu vers 20h me disant :
"Changement de plan, Patrick est resté, il voudrait passer plus de temps avec toi pour voir les biens."

Je trouvais la situation particulièrement bizarre, mais je n'étais pas au bout de mes peines... J'ai donc changé mes plans et je suis allée boire un verre avec Matthieu et Patrick.
Matthieu paraissait particulièrement anxieux. Patrick avait quant à lui changé du tout au tout : désagréable, remarques désobligeantes sur ma tenue, bref, ce n'était plus le même homme.
J'ai mis assez vite court au rendez-vous, ne me sentant pas à l'aise.

Samedi 15 Février

C'est ce jour dont je me rappellerai toute ma vie.
J'avais donné mon numéro plus tôt dans la semaine à Patrick. Il m'avait contactée plusieurs fois dessus. Mais ce samedi, il m'a contactée directement sans passer par Vincent, et son numéro n'était pas le même.
Ça m'a paru bizarre, mais je n'y ai pas prêté attention sur le coup. Il m'a demandé de le rejoindre dans une petite ville proche de Saint-Sépulchre.

Je m'attendais à le retrouver avec Matthieu, mais non, il était seul. Il m'avait pourtant dit qu'il souhaitait boire un café et profiter du soleil tous les trois. Nous sommes quand même allés prendre un café. Pendant celui-ci, je suis allée aux toilettes et quand je suis revenue, mon café avait un goût particulier. Je me suis dit que c'était sûrement parce qu'il avait refroidi.
Mais non. Il a ensuite commencé à me demander à de nombreuses reprises si j'allais bien. Si je voulais partir.
Je ne comprenais pas.

Puis j'ai commencé à me sentir lourde et légère à la fois.
Je lui ai dit que je ne me sentais pas très bien et qu'il allait falloir que je rentre. Il m'a proposé de me ramener.

Une fois dans sa voiture, tout me semblait aller vite autour de moi. Trop vite. Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait.

Dimanche 16 Février

Je me suis réveillée. Dans une salle lugubre. Je ne savais pas si nous étions toujours samedi. Nous ne l'étions plus.
J'étais entre quatre murs de briques rouges. Les mains attachées, sur un matelas dégueulasse.
Je ne me rappelais de rien, mais je savais que quelque chose s'était passé. Je n'avais plus de bas, et je me sentais sale.

J'avais peur. J'étais terrorisée. J'ai défait mes liens qui étaient particulièrement mal attachés, j'ai récupéré mon téléphone et j'ai cherché la sortie de ce trou à rat.

Une fois la sortie trouvée, je me suis retrouvée au milieu des bois. J'ai erré plusieurs heures avant d'arriver en ville. Il faisait encore nuit. J'étais toujours effrayée.

Sur la route que j'ai trouvée, des animaux morts longeaient le chemin :

La semaine qui a suivi

J'avais honte.
Je n'ai osé en parler à personne.
J'ai cherché à oublier cette partie de ma vie. Je ne comprenais simplement pas comment j'étais passée d'une première vente à une agression de ce type...

Des années plus tard

En regardant la télé, j'ai vu cette affaire : "the B******** island" et toutes les polémiques qui en découlaient. Je me suis retrouvée choquée, tétanisée. Plus de 15 années étaient passées. Et il était là. Sur ma télé. J'ai donc décidé de prendre mon courage à deux mains et d'aller porter plainte à la gendarmerie de Saint-Sépulchre.

Quelque chose n'allait pas. Patrick m'avait parlé d'une île. Mais celle montrée à la télé n'avait rien à voir. Je l'ai donc retrouvée :
Île de Patrick :

Île de B********

Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Je me suis posé alors la question : et si je retrouvais le lieu où les choses s'étaient déroulées ?
J'ai passé plusieurs jours à chercher en ligne, mais j'ai fini par trouver :

J'étais persuadée que c'était cet endroit. La forêt, le point d'eau... Tout criait que c'était ici. J'y suis donc allée :


La cabane dont j'étais sortie, avec la trappe menant au sous-sol. Tout était là. Je suis restée tétanisée plusieurs minutes avant de partir en courant.

Je ne sais pas comment tout cela est possible, mais Patrick n'est pas Mr.B. J'ai porté plainte contre Patrick en pensant que c'était B. Mais ce n'était pas le cas.
Je suis perdue. Je vais continuer d'enquêter, je ne comprends pas ce qu'il se passe...